Solidarités AntiNUcléaires
La véritable opposition c’est le parti de la vie

Accueil du site > Polémiques antinucléaires ! > Pierres qui parlent

Pierres qui parlent

6 juin nos doléances

mercredi 5 juin 2013, par Roger NYMO

Je tiens à publier intégralement le texte de monsieur Pierre Péguin qui est le seul de tous les administrateurs illégalement débarqués en février 2010 du Conseil d’Administration du Réseau « Sortir du Nucléaire » à avoir soutenu publiquement l’association « Les Jeûneurs Vigilants de Taverny ».

Voici donc en intégralité le texte de monsieur Pierre Péguin, que je me permettrai de critiquer sur quelques points essentiels dans un deuxième temps.

Le réseau sdn en procès, pourquoi ?

Le procès que trois d’entre nous faisons au rsdn aura lieu jeudi 6 juin à Lyon. Je voudrais expliquer pourquoi, membres du Conseil d’Administration démis lors de la fameuse AG de fèvrier 2010, nous nous sommes engagés dans cette procédure. Je souhaite que vous ayez la patience de lire ce texte, car ce que cette affaire révèle, au delà de nos sensibilités, est grave pour le mouvement antinucléaire.

Contrairement à ce qui a été claironné, il ne s’agit pas de simples problèmes de personnes, ou plutôt à travers les problèmes de personnes, l’enjeu a été l’orientation politique du rsdn.

Enjeux de personnes : Plusieurs se croisent. Stéphane Lhomme, alors porte parole du CA, organe politique du réseau, effectue son travail avec vigueur (rappelons sa dénonciation du risque de catastrophe nucléaire prémonitoire de Fukushima, ou la révélation de ce que l’EPR ne résisterait pas à la chute d’un avion de ligne). Il le fait sous contrôle du CA (tous les communiqués et textes doivent être approuvés). Ne subissent ses foudres que ceux qui l’agressent ou qui, en désaccord avec un antinucléaire offensif, manœuvrent et trichent antidémocratiquement, pour imposer une évolution du réseau vers moins de radicalité.

De son côté le directeur Ph. Brousse ne supporte plus que St. Lh échappe à sa tutelle hiérarchique, ne rende des comptes qu’au CA, et s’oppose à ses efforts pour tirer le rsdn vers une ligne moins agressive, consensuelle avec les grandes ONG généralistes et les Verts.

Les collaborateurs principaux de Ph. Br., issus de grandes écoles, éléments brillants, brûlent d’avoir plus de responsabilités dans l’orientation du rsdn, face à la majorité des bénévoles du CA, et au porte-parole St. Lh. qui en plus a un cursus plus modeste qu’eux.

On voit que les enjeux de personnes recouvrent des enjeux plus fondamentaux.

Enjeux politiques :

C’est à l’occasion de Copenhague que le conflit latent depuis longtemps explose. Ph. B., Charlotte Migeon et Xavier Rabilloud font tout pour que le rsdn s’engage à signer « l’Ultimatum Climatique » demandant à Sarkozy (!) de prendre la tête de la lutte pour le climat, comme les grandes ONG... , le CA partagé tergiverse, mais finalement refuse. Quant à St. Lh. il est furieux que la direction ait profité de la mort de son père pour regagner du terrain sur cette affaire symbolique.

En effet Copenhague a été le lieu où s’est bien révélé la volonté de rapprocher le réseau de la table des grandes ONG et de EELV. L’accord Verts-PS se préparait, et comme il serait à minima sur le nucléaire, il fallait alors amener le rsdn, alors bien présent sur la scène médiatique, à ne pas trop réagir.

Quelle fut la part d’une influence des Verts, de l’ambition de Ph. B. d’être appelé à une carrière politique (Région, Europe ?), de la présence d’un sous marin cherchant à casser l’action du réseau (on a vu de nouvelles solidarités étonnantes se nouer autour de Xavier renou) ?

Toujours est-il qu’une stratégie a été mise au point pour se débarrasser de St. Lh., et, pour cela, de démettre le CA qui s’obstinait dans sa majorité à refuser le licenciement. Il a fallu alors bien préparer l’AG du 6 février (Nadège Morel spécialement en lien avec Ph B.).

AG du 6 février :

Le témoignage en P.J. De Johnny Da Sylvia montre que la mise scène a été bien préparée pour que les participants aient, de bonne foi, cru à la faillite du rsdn, et que la situation nécessitait de démettre hors statut le CA : Les salariés se sont mis en grève début janvier, refusant tout compromis avec nous, les chèques n’étant plus encaissés l’état des finances présenté comme alarmant, la liste du futur CA à la botte du directeur préparée à l’avance, dramatisation etc... Le vote de notre « désistement » a donc été demandé et obtenu, avec l’aide de pouvoirs de nouvelles associations sur lesquelles le doute est permis, des groupes Verts adhérents, et de tous ceux abusés par la mise en scène.

La grève s’est arrêtée le jour même, démontrant qu’il s’agissait bien d’une grève politique des salariés contre les bénévoles de la majorité du CA. L’AG votera aussi qu’aucun licenciement ne doit avoir lieu avant l’AG suivante, ce qui n’empêchera pas le CA de licencier en mars à l’unanimité St. Lh. pour faute professionnelle grave, au cours de son congé de paternité ...

Ainsi, les bénévoles du réseau, ne sont légitimes qu’avec l’assentiment des salariés, et, s’ils prennent des décisions contraires à eux, ils sont éliminés.

Cela signifie que la démocratie est formelle, que le rsdn est pris en otage par ses permanents, avec le soutien certes de bénévoles consentants.

J’estime que le droit (les statuts) et la morale (licenciement comme un malpropre du porte-parole historique) ont été bafoués dans le cadre de manœuvres politiques, et que cela est inacceptable dans la vie associative.

La question de l’orientation politique du réseau aurait pu être abordée démocratiquement : En AG aurait pu être débattue la question de la radicalité de la lutte antinucléaire, si le vote avait alors conduit à la définition d’une ligne différente, aurait alors été posée la question de l’affectation du porte-parole St. Lh. à une autre activité, ou à un départ du réseau dans la dignité. Nos adversaires sachant que ce résultat ne pouvait être atteint démocratiquement, ont donc organisé un « putsch », s’appuyant sur une fausse grève honteuse, et une mise en scène inqualifiable.

Aujourd'hui quel regard je porte sur le réseau sdn.

Celui-ci n’a rien d’un réseau de relations horizontales entre les groupes. C’est une structure pyramidale pléthorique (une quinzaine de salariés, là où pour rendre service aux groupes 3 ou 4 suffiraient), qui pompe les dons des sympathisants sans que ceux-ci soient redistribués aux groupes effectivement actifs sur le terrain, à quelques exceptions près.

Le rsdn prétend fédérer plus de 900 structures, c’est un mensonge, car bien peu y adhèrent effectivement. Son fonctionnement est plus que jamais antidémocratique (voir en P.J. le témoignage de Marie-Hélène Mancinot). Sa ligne politique et l’organisation de gentilles chaines humaines n’effarouchent pas l’establishment, au point que les partis plus radicaux ont éprouvé le besoin d’écrire pour demander si le réseau était porte-parole d’EELV (voir la lettre du NPA, de la FA, des Alternatifs,en P.J.).

Je ne vois pas d’espoir de refondation du réseau sans le départ des principaux responsables de cette consternante situation : Philippe Brousse, Xavier Rabilloud, Chantal Mijeon, Daniel Roussée (Nadège Morel et Caclin ayant déjà quitté le navire).

La lutte antinucléaire repose maintenant pour l’essentiel sur les groupes qui, hors réseau, s’engagent sur des bases radicales de revendication, et ce avec leurs propres modestes moyens.

Pierre Péguin, membre du CA du RSDN pendant une dizaine d’années, juin 2013.

Merci pour ce compte rendu et votre témoignage de l’intérieur de feu le RSDN.

Je tiens à apporter quelques importantes précisions concernant plusieurs points que vous évoquez de manière univoque.

Monsieur Pierre Péguin, vous écrivez :

« ... l’enjeu a été l’orientation politique du rsdn ... »

A cela je réponds :

L’enjeu a été la mise au pas de l’opposition réelle et cohérente au lobby nucléaire mortifère dans son berceau, pour la sauvegarde d’un criminel système mafieux international piloté depuis l’ONU.

« ... rappelons sa dénonciation du risque de catastrophe nucléaire prémonitoire de Fukushima ... »

Il n’y a eu aucune dénonciation prémonitoire de monsieur Stéphane Lhomme concernant la catastrophe nucléaire du 16 juillet 2007 au Japon dans la plus grande centrale nucléaire du monde la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, suite à un séisme.

Il n’a pas non plus signalé que cette catastrophe avait eut lieu très exactement soixante deux ans, jour pour jour, après la première explosion nucléaire au plutonium du programme secret américain Manhattan, l’essai Trinity du 16 juillet 1945 à Alamogordo au Nouveau-Mexique !

S’il l’avait fait, ; il aurait pu souligner salutairement que les armes nucléaires sont l’alpha et l’oméga de toutes les activités anthropiques nucléaires.

Vous écrivez ensuite :

« ... la révélation de ce que l’EPR ne résisterait pas à la chute d’un avion de ligne ... »

J’étais devant le siège de la DST pour soutenir monsieur Stéphane Lhomme, celui-ci doit donc se souvenir que j’ai publiquement contester cette thèse fallacieuse qui relie la dangerosité des réacteurs EPR au fait qu’ils ne résisteraient pas à la chute d’un avion gros porteur.

En effet, dans le cas du réacteur RBMK n°4 de la centrale Lénine de Tchernobyl, le fait que le toit du bâtiment réacteur ait été soufflé par l’explosion de celui-ci a garanti la vie sauve aux techniciens qui travaillaient sur place, et a évité une catastrophe se propageant aux cinq autres réacteurs.

Dans le cas de Fukushima le confinement a augmenté l’impact mécanique des explosions et provoqué sur quatre des six réacteurs de la centrale une propagation catastrophique de la perte totale de contrôle.

Les réacteurs n°5 et 6 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne doivent qu’à leurs positions géographiques éloignées et surélevées d’avoir été épargnés.

"... Ne subissent ses foudres que ceux qui l’agressent ou qui, en désaccord avec un antinucléaire offensif, manœuvrent et trichent antidémocratiquement, pour imposer une évolution du réseau vers moins de radicalité ..."

Là encore je suis en désaccord avec vous car j’ai toujours écrit et dit qu’il fallait privilégier la cohérence à la radicalité.

Comment fait-on pour tricher démocratiquement ?

Vous poursuivez :

"... le rsdn s’engage à signer « l’Ultimatum Climatique » demandant à Sarkozy (!) de prendre la tête de la lutte pour le climat, comme les grandes ONG ..."

Vous oubliez de signaler que la conférence de Copenhague se tient à l’initiative de la mafia Onusienne.

Cette lutte permanente contre la nébuleuse du réchauffement climatique global et le terrible polluant CO2 s’organise sans qu’un seul responsable de la gestion des espaces forestiers ne soit présent !

Tout le gratin des hydrocarbures et celui du nucléaire sont aux premières loges.

Quelques manges merde du Réseau « Sortir du nucléaire » sont effectivement du voyage, tous frais payés par les militants de base.

« ... L’accord Verts-PS se préparait, et comme il serait à minima sur le nucléaire, il fallait alors amener le rsdn, alors bien présent sur la scène médiatique, à ne pas trop réagir ... »

A minima ! Avec Astrid il ne s’agit plus d’un minimum, mais d’une relance des plus dangereux délires techno-scientistes nucléaires.

Pourquoi dans ces conditions connues et reconnues, messieurs Stéphane Lhomme et Michel Guéritte participent ils aux primaires d’un rassemblement politique européen aussi vertement et ouvertement pervers ?

Stratégie unilatérale antinucléaire schizophrénique ?

"... Aujourd’hui quel regard je porte sur le réseau sdn. Celui-ci n’a rien d’un réseau de relations horizontales entre les groupes ..."

Relations horizontales entre les groupes !

Relations horizontales entre les adhérent(e)s, cela je peux le comprendre, mais entre des groupes hétérogènes et aux activités hétéroclites quelle représentation réellement démocratique peut-on espérer sortir de cela ?

Le problème nucléaire est sanitaire et social, il s’agit d’un problème international qui ne peut trouver de solution qu’internationale, mais nos actions doivent être locales pour être efficaces, locales dans la décision et la mise en œuvre !

Localement et nationalement nous devons fonctionner selon le principe démocratique : un adhérent = une voix !

L’adhésion se justifie par le paiement d’une cotisation et l’implication dans les luttes locales.

Une fédération de groupes, de partis, et de magasins bios ne peut pas et ne doit pas décider de l’orientation de nos luttes locales, nationales et internationales.

Aujourd’hui le Réseau « Sortir du nucléaire » fonctionne comme le désire monsieur Pierre Péguin mais sans monsieur Pierre Péguin. Cela est triste et antidémocratique.

Soyons réalistes, les mêmes causes produisent les mêmes effets et le respect ou l’irrespect de statuts pervers ne peut conduire qu’à une nouvelle perversion.

Hier j’ai reçu un courriel automatique de la part du robot informatique qui gère l’agenda du RSDN, le voici :

Vous avez proposé un événement sur l’agenda du Réseau du Sortir du nucléaire et nous vous en remercions.

Votre proposition a été enregistrée et va être relue par un modérateur avant publication.

Les informations que vous avez envoyées sont rappelées ci-dessous :

** Jeûne d’interpellation de Taverny **

Du 6 au 9 août

Région : 12. Ile-de-France

Taverny (95150)

Salle des fêtes de Taverny

Place du général de Gaulle

95150 Taverny

Du 6 août 2013 09h00 au 09 août 2013 18h00

Jeûne d’interpellation et de commémoration des bombardements nucléaires des villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki entre le 6 et le 9 août.

Ce jeûne historique et symbolique se déroule à Taverny sans interruption depuis août 1986.

Les jeûneurs sont reconnaissables grâce à un bandeau blanc, jeûner n’est pas obligatoire pour participer aux présences silencieuses.

Nous effectuons deux présences journalières silencieuses devant la base militaire de Taverny pour exiger le démantèlement immédiat de l’arsenal nucléaire français.

http://sanurezo.org/spip.php?breve7

Contact : jvtaverny orange.fr

Roger NYMO : 06 14 03 40 42

Aujourd’hui vous pouvez, toutes et tous, aller vérifier ce qui est inscrit du 6 au 9 août 2013 sur l’agenda du Réseau « Sortir du nucléaire ».

Hier, l’agenda du RSDN était vide en août 2013.

Le procès qui aura lieu demain à Lyon ne changera strictement rien à ce lamentable état de fait, état de non droit, état dictatorial antinucléaire.

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.

Pierre ROULLIER alias Roger NYMO trésorier du Réseau Zéro Nucléaire.

Répondre à cet article