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Révisonnisme Olympique

Fukushima n’existe pas

mardi 15 octobre 2013, par Nelson Surjon, Roger NYMO

Je me suis rendu au rassemblement « Journée Zéro Nucléaire » à la Bastille le samedi 12 octobre 2013.

Le samedi 12 octobre 2013 j’avais prévu de me rendre avec madame Aline Pauchard présidente du Réseau Zéro Nucléaire (RZN) au rassemblement parisien en soutien au peuple japonais qui lutte pour un arrêt définitif de toutes ses installations nucléaires, et bien sûr pour venir en aide aux nombreuses victimes sanitaires et sociales de la durable catastrophe nucléaire de Fukushima et de toutes les activités nucléaires.



Ce rassemblement prévu à partir de 15h00 à la Bastille s’intitulait « Journée Zéro Nucléaire », j’y avais convié mes amis Étienne Servant de « Fukushima Informations » et Fabrice David l’écologiste, adversaire efficace et déclaré du leader du Front National du Val d’Oise.

Monsieur Etienne Servant pour des raisons de deuil familial ne pouvait malheureusement pas être présent, sa rencontre avec madame Aline Pauchard sera donc reportée d’un mois.



Sur place il n’y avait que des ami(e)s qui avaient eu la possibilité d’être disponibles ce jour là.

D’autres participaient à d’importantes manifestations parisiennes contre les OGM, ou étaient en province pour faire la promotion d’activités alternatives responsables et respectueuses de la vie.



La météo ainsi que nos ami(e)s japonais(es) de Yosomono étaient heureusement avec nous !



Musiques, chants, danses et interventions ont rythmé ce bel après midi parisien.

Voici le texte de l’importante intervention de mon ami Nelson Surjon au sujet de la situation à Fukushima :

Bonjour à tous,

Je tenais à remercier Yuki et toute l’équipe de Yosomono, ainsi que le groupe SDN Paris qui me permettent de vous informer une nouvelle fois sur les conditions de « vie » des enfants de Fukushima.

D’après les informations de la presse locale et des médias internationaux, la crise nucléaire à Fukushima semble complétement sous contrôle.

Le Premier Ministre japonais monsieur Abe a tellement « convaincu » le Comité Olympique International de cette reprise en main de la situation que le Japon s’est vu offert l’organisation des Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo.

Heureusement à l’intérieur même de la famille politique du Premier Ministre japonais, quelques voix remettent en question cet optimisme autoproclamé.

Mais alors, à Fukushima qu’en est-il exactement ?

A Fukushima, beaucoup se sont sentis insultés !

Premièrement , à cause de l’énormité du mensonge proféré mondialement par le Premier Ministre Abe annonçant avec un cynisme total :

La situation à Fukushima est « SOUS CONTROLE ».

Deuxièmement, les sommes attribuées à l’organisation des Jeux Olympiques de 2020 pourraient aisément indemniser des milliers d’évacués, les reloger hors des zones contaminées, être employées pour éviter une sur-catastrophe sur le site de la centrale, notamment au niveau des piscines de stockage des combustibles nucléaires.

A ce jour, pour les victimes de Fukushima, rien a changé ! Pour eux, la catastrophe, c’était hier !

Le Premier Ministre Abe appelle à la solidarité, l’entraide, la reconstruction, l’espoir, la ténacité, le patriotisme de chacun. Ce sont les mots clefs nécessaires à l’entretien médiatique permanent d’une propagande nationale.

Le Premier Ministre Abe et le lobby nucléaire international ont énormément misé sur l’endoctrinement médiatique et la passivité populaire résultante.

Malheureusement cela fonctionne ! Pour la majorité des tokyoïtes, Fukushima appartient déjà au passé.

Dans le reste du Japon, les habitants pensent que la contamination ne peut pas les atteindre, c’est donc que tout DOIT bien se passer à Fukushima.

Aux Etats Unis d’Amérique, ils n’arrivent pas à prononcer le mot « Fukushima » correctement, c’est Fikishama ou Kukushima.

En France ce n’est guère mieux ! J’ai questionné un jeune de 25 ans, il y a quelque jours de cela, au sujet de Fukushima, il m’a répondu : « C’est quoi Fukushima ? » Une autre personne d’une quarantaine d’années m’a demandé si j’avais évacué de la Chine à cause du tsunami !

Il est évident que la désinformation globale au sujet de la catastrophe nucléaire de Fukushima est telle, que d’ici 2020, le public des Jeux Olympiques se verra peut-être proposer de faire des excursions touristiques en autobus près de la centrale « accidentée » !

Bien sûr, toute cette immonde propagande est réalisée au détriment des femmes, des enfants, des parents et grands-parents, qui sont depuis déjà deux ans et demi, prisonniers et abandonnés sur des territoires durablement contaminés et qu’ils ne peuvent fuir sans aide financière et sans la garantie sociale de retrouver un emploi ailleurs.

Voici les informations dont nous disposons actuellement sur la situation au Japon suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima :

(Monsieur Nelson Surjon nous présente alors une carte de la contamination du japon en pointant Fukushima et les préfectures au sud de la centrale, Ibaraki, Tochigi, Chiba et Tokyo)



Les nombreuses personnes qui ont réussi à s’enfuir loin de la centrale nucléaire de Fukushima lors des premiers jours de la catastrophe en mars 2011 ont fui dans la mauvaise direction, car le gouvernement japonais a caché volontairement une simulation informatique appelée « SPEEDI » qui donnait en temps réel les précieuses indications concernant l’évolution géographique de la contamination nucléaire.

Le gouvernement japonais a criminellement préféré mettre en danger ses concitoyens plutôt que de communiquer sur la réalité de l’ampleur du désastre nucléaire en cours.

Les fuyards n’ont donc pas pu se protéger des retombées radioactives qui les poursuivaient.



Jusqu’en juillet 2013, 160 000 personnes ont évacué, dont près de 57 000 d’entre elles en dehors de la préfecture. La plupart se sont réfugiées à Tokyo , Niigata et Yamagata.

47 107 vivent encore dans des préfabriqués de fortune et 10 681 sont toujours abritées par leur famille.

La majorité des habitants de la ville de Minami Soma se sont réfugies dans des villes comme Koriyama ou dans la ville de Fukushima, pourtant à 60 kilomètres de la centrale de Fukushima, mais encore plus irradiées que leur commune qu’ils venaient juste de fuir.

Cette évacuation soudaine et bâclée a entrainé une misère sanitaire, psychologique et sociale.

Un stress omniprésent, la peur au ventre et cette sensation diffuse d’avoir été trahis et abandonnés par un gouvernement qu’ils n’auraient auparavant jamais remis en question.

Le nucléaire, ce n’est pas seulement un danger pour la santé physique, mais il attaque aussi violemment l’équilibre psychique de ses victimes.

Les mères de Fukushima veulent protéger leurs enfants, donc elles sont parties loin, peut être trop loin, car elles se sentent délaissées peu à peu, leurs maris ont dû rester derrière pour ne pas perdre leur travail, leur unique source de revenus.

Les maris « chanceux » rejoignent leur famille pendant les weekends.

D’autres maris ne comprennent pas pourquoi leurs femmes sont parties, car ils doivent nier l’évidence d’une contamination dangereuse pour pouvoir garder leur travail.

Alcoolisme et divorces « prospèrent », les familles séparées finissent par se déchirer.

Il y a aussi la discrimination, interne et externe de Fukushima.

Ceux qui ont réellement pris conscience du danger que représente la contamination perpétuelle se retrouvent écartés de la société et doivent affronter la réalité seuls, livrés à eux-mêmes.

Certains se cachent de leurs voisins quand ils mesurent le taux de radiation autour de leur maison, pour ne pas engendrer une « peur collective ».

A Fukushima, il est tabou de parler de radiation à son voisin, à sa propre famille, même à son docteur !

Ne surtout pas parler de radiation aux médecins.

La plupart des médecins de Fukushima, sont souvent les mains liées ou tout simplement de connivence avec les autorités, ils déclarent systématiquement qu’aucun des symptômes détectés n’est liés à la radiation.

Aucun ! C’est dans la tête que ça se passe !!!

Une étude épidémiologique massive a été lancée à Fukushima sous la stricte supervision de l’Université Médicale de Fukushima.

Les 2 millions d’habitants de la préfecture et ses 360 000 enfants sont transformés pour l’occasion en cobayes.

Les tests sont faits à la va vite, ils sont souvent incomplets.

De nombreux parents se plaignent auprès du corps médical de malveillance.

Heureusement, les mères ne sont plus dupes et arrivent à faire suivre leurs enfants dans des cliniques indépendantes qui leur disent la vérité.

Voici quelques témoignages de mères de Fukushima :

J’ai emmené mon deuxième fils qui souffre d’une thyroïde enflée à l’hôpital connu pour les traitements de la thyroïde, Le médecin lui a touché la thyroïde, et a écrit effectivement sur le dossier qu’il a des kystes. Je lui ai dit que nous étions de Fukushima, alors il m’a dit qu’il n’avait pas le droit de donner son avis aux refugiés de Fukushima.

Mon fils a toujours la thyroïde enflée, pas d’appétit. Malgré tout, il faut l’autorisation soit de la préfecture de Fukushima, soit de l’Université Médicale de Fukushima pour le traitement. Je suis prête à payer beaucoup d’argent pour le suivi, mais ce n’est pas une question d’argent car évidemment, mon fils est couvert part la sécurité sociale.

Bonjour. On m’a dit « Demandez d’abord à l’Université Médicale de Fukushima et attendez la réponse ». Autrement dit, aucun médecin ne peut rien faire avec les habitants et les réfugiés de Fukushima sans autorisation. Par conséquent, mon médecin ne m’a donné ni diagnostic, ni l’état actuel de ma thyroïde.

Mon fils s’est fait refuser dans un hôpital qui se trouve à Nagano. J’avais déjà eu la même expérience ailleurs aussi. Le médecin m’a dit qu’il peut soigner un petit rhume ou une blessure, mais pas la thyroïde ni les maladies qui seraient liées à la radioactivité. Il m’a aussi montré une fiche « Avis sur le suivi de la santé des habitants de Fukushima » délivrée par la préfecture de Fukushima.

Pour soigner les réfugiés et les habitants de Fukushima, il faut absolument une autorisation de la préfecture de Fukushima qui dit que c’est eux qui prennent l’entière responsabilité de la santé et de la radioactivité de tous les habitants « à vie ». C’est absurde ce qu’ils disent.

Une catastrophe nucléaire est bien évidemment une catastrophe écologique, mais c’est aussi une catastrophe humanitaire !

Cette catastrophe touche des personnes comme vous et moi, simples citoyens, qui avons cru un jour que nos gouvernements seraient aptes à faire face à de telles situations et qu’ils sauraient nous protéger.

Mais ce n’est malheureusement pas le cas.

Ce que Tchernobyl avait montré, aujourd’hui Fukushima le prouve !

De par mon expérience, je peux témoigner et affirmer que n’importe quel gouvernement est incapable de protéger sa population et celles des autres pays, des multiples et durables conséquences d’une catastrophe nucléaire.

Par contre votre gouvernement fera tout le nécessaire pour vous CALMER, pour vous faire oublier, pour vous faire accepter !

Les victimes les plus cruellement touchées par une catastrophe nucléaire sont les enfants et les jeunes femmes. Celles et ceux de Fukushima ne font malheureusement pas exception à cette funeste règle.

Les enfants de 0 à 18 ans d’âge, au lieu d’être évacués, sont désormais officiellement devenus les cobayes d’une expérimentation nucléaire, comme antérieurement à Tchernobyl, en Polynésie, à Hiroshima, à Nagasaki et en Irak.

Voici les derniers chiffres sur l’état sanitaire des enfants de Fukushima :

360 000 enfants « vivent » dans la préfecture de Fukushima.

170 000 d’entre eux ont fait partie de l’étude épidémiologique qui révéla que quasiment un enfant sur deux était atteint d’anomalies de la thyroïde.

Durant ma dernière intervention ici même l’année dernière, j’annonçais un deuxième enfant atteint du cancer de la thyroïde.

Nous sommes le 12 Octobre 2013 et 44 enfants présentent des tumeurs cancérigènes de la thyroïde, dont 18 sont déjà confirmés comme étant des cancers de la thyroïde.

Ce chiffre devrait malheureusement augmenter rapidement.

Les prochains résultats seront publiés d’ici quelques semaines.



La « norme internationale » de survenue du cancer de la tyroïde est de 1 cas sur 100 000 !

Avec 44 cas sur 170 000, nous sommes aujourd’hui à presque 26 cas pour 100 000 enfants vivants dans la région de Fukushima !

Mais de nombreux enfants évacués n’ont pas participé à cette étude, de nombreux résultats de tests sont faussés par manque de temps, d’argent ou de respect des protocoles de la part des docteurs.

Plus important encore, cette étude ne concerne que Fukushima, mais comme vous le savez aussi bien que moi, la contamination nucléaire n’a jamais de frontières précises !

Cependant comme tous les enfants, ces enfants essaient de vivre une vie d’enfant, mais trop souvent, les signes externes les ramènent trop vite à la réalité. Les enfants se parlent entre eux de la radiation. A table le soir, ils entendent leur parents en parler d’un ton inquiétant, que les rumeurs soient fondées ou non, elles circulent et alimentent leurs peurs.

Ils ne peuvent plus jouer dehors, ils doivent même apprendre à avoir peur en silence pour ne pas engendrer une panique collective.

Cependant, ils sont forcés à manger des produits potentiellement contaminés et de participer à des jeux collectifs en plein air dans le cadre des activités scolaires.

D’autres sont confinés chez eux depuis plus de deux années et demi, ils ne peuvent plus jouer dehors.

Certains vont nager à 20 kilomètres de ce qui reste de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, car les autorités ont criminellement ré-ouvertes les plages contaminées durant l’été 2013.

La photo suivante a été prise une semaine après que TEPCO ait « avoué » que la centrale de Fukushima déverse quotidiennement de l’eau hautement radioactive dans l’océan Pacifique, et ce depuis la catastrophe de mars 2011.



Toute cette criminelle désinformation afin de restaurer la confiance de la communauté internationale toute entière, et bien sûr celle du peuple japonais.

Ces enfants ne sont pas uniquement des cobayes, ils sont devenus des vecteurs efficaces de propagande dans le cadre du plan gouvernemental japonais de « la restauration de Fukushima ».

« Aujourd’hui, sous le ciel bleu de Fukushima, des enfants jouent au ballon et regardent vers l’avenir. Pas vers le passé. »

Telle est la fausse réalité que monsieur Abe, Premier Ministre du Japon, a réussi à faire admettre au CIO lors de son discours à la candidature de la ville de Tokyo pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2020.

Les enfants sur la photographie suivante ne peuvent pas jouer au ballon sous le ciel bleu de Fukushima !



Plus précisément, ils ne peuvent pas jouer plus de 30 minutes dehors par jour, et cela depuis le 11 mars 2011.

Dans leur maison, nous mesurons plus d’un demi micro sievert par heure à 1 mètre du sol. Dans leur jardin, à 5 centimètres du sol, le compteur Geiger indiquent plusieurs micro sieverts !

La « norme internationale » est de 0.012 uSv/h, soit 1 mSv par an.

Le taux indiqué sur le compteur de la photographie équivaut à plus 4 mSv par an !

Il ne s’agit que de la mesure de la dose de radiations externes.

En effet la radiation interne par contamination est beaucoup plus dangereuse.

Ces enfants peuvent ingérer ou respirer des isotopes qui contamineront leur corps et irradieront leurs cellules durant toute la durée de leurs vies, beaucoup pour cette raison sanitaire auront leurs espérances de vie tronquées !

Ces enfants sont en danger et TOUT est fait pour NE PAS les protéger.

Voilà l’abominable réalité que vivent quotidiennement les habitants de Fukushima.

Prochainement, un ou plusieurs réacteurs d’une centrale nucléaire française échapperont à tout contrôle. Cette éventualité est inéluctable dans le cadre de la criminelle politique industrielle de prolongation d’activité de toutes les installations nucléaires.

Seule la date de cet abominable évènement nous est encore inconnue.

Quand cet abominable jour viendra, voici mes conseils :

Ne regardez pas les informations. Renseignez-vous sur la météo et informez-vous de la direction des vents. Ensuite fuyez immédiatement à l’opposé. Ne vous posez pas de questions. Le gouvernement français sera impuissant à vous protéger, mais par contre il fera tout le nécessaire pour vous CALMER, pour vous faire oublier, pour vous faire accepter !

Bon courage à toutes et tous, et longues vies aux enfants de Fukushima.



Nelson Surjon.

Un grand merci à Nelson membre d’Evacuate Fukushima, madame Aline Pauchard a été très heureuse de pouvoir échanger avec lui avant qu’il ne parte directement du rassemblement de la Bastille vers son lieu de travail après nous avoir transmis en direct les salutations, depuis le Japon, de « Magic Janick ».

Souhaitons que le mois prochain nous serons deux fois plus nombreux à participer à cet incontournable rendez-vous mensuel antinucléaire !

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.

Voir en ligne : Journée Zéro Nucléaire

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