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UN APRÈS-MIDI EN COMPAGNIE DE PEDRO ILDEFONSO

Se mettre à dos, sans maître à sac

dimanche 13 janvier 2019, par Bruno Cuello, Roger NYMO

Mon ami Bruno est un drôle d’oiseau, qui, par honnêteté intellectuelle, ne vole jamais, mais donne à lire. Il écrit en anglais, en portugais, en espagnol, et , heureusement pour moi, en français. Sa légèreté de plume le libère de l’angoisse carcérale des nids conformistes, il couve choses et gens de son doux regard, et, si la chose jamais n’éclos, il lui donne tout de même un prénom :

Est-ce cela le déni de la mort ?

Je vais vous dire un secret à propos de Bruno, son nom de plume est « cou », en espagnol.


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Avec mon ami Bruno Cuello, au café-tabac-brasserie « Le Dejazet », le jeudi 26 juillet 2018.

UN APRÈS-MIDI EN COMPAGNIE DE PEDRO ILDEFONSO

Je ne me sens pas toujours à l’aise lorsque j’écris en français. D’ailleurs, il serait judicieux d’écrire, que je ne me sens pas non plus à mon aise, lorsque je dois m’exprimer, malgré le fait d’avoir mûri. Mon aisance est apparence.

Que puis-je écrire à propos de la journée d’aujourd’hui ? Eh bien, ma foi, j’ai passé un excellent après-midi en compagnie de mon sac à dos et de moi-même. Pour ceux qui ne sont pas au courant, mon sac à dos a un prénom. Je l’ai prénommé :

Pedro Ildefonso.

Pour quelle raison l’ai-je ainsi baptisé ?

Aucune raison particulière, ce prénom composé, toutefois un peu compliqué pour certains, est venu comme ça. Certains m’ont connu au temps où j’avais un sac à dos baptisé Jean-Baptiste. Ceci remonte à des décennies, à ma préhistoire. En ce temps je n’étais point marié. Par contre je rêvais de lunes de miel.

Jean-Baptiste m’a accompagné dans beaucoup d’endroits. Je le trimbalais sur mon lieu de travail. Je me baladais avec lui dans les rues de Paname. Je l’emmenais avec moi en voyage. Il me semble bien que nous ayons voyagé ensemble en Indonésie, en 1988.

Enfin, tout ceci est le passé. Un passé que je n’aime pas effacer. Un passé qui m’appartient. Un passé, une histoire, que j’aime partager. Par conséquent, revenons à l’instant présent, c’est-à-dire au jour d’aujourd’hui. A mon fidèle compagnon Pedro Idelfonso, ainsi qu’à son contenu :

Mes trésors.

Quelques cahiers, un livre, que je lis dans les transports en commun, et une trousse, contenant toute une panoplie de stylos.

Des cahiers, que je noircis avec mon écriture, et un cahier, où, les gens que je rencontre écrivent. Ils écrivent ce qu’ils ont envie d’exprimer, dans la langue de leur choix.

Des personnes ont écrit en basque, en finnois, en russe, en géorgien, en français, en portugais, en espagnol, en catalan, en sanscrit etc.

J’insiste : chacun exprime ce qui lui vient par la tête. Certains ont écrit une chanson, d’autres ont fait usage d’un langage codé.

Tout ceci me permet d’avoir des souvenirs. Des visages. Des expressions. Je pense que chacun a quelque chose à dire. Chercher à être génial n’est pas forcément très bien. Le naturel ou la spontanéité est ce qu’il y a de mieux.

Malheureusement, il m’arrive de croiser des personnes qui ne sont pas très naturelles.

Comme on dit, il faut de tout pour faire un monde. Cette diversité est une richesse.

Des langages, des sensibilités, des langues qui diffèrent. Vive les différences ! Vive les découvertes ! Tout ceci fait partie de la vie.

J’ai débuté ces lignes en français, et, à vrai dire, je ne savais pas quoi écrire, je me suis laissé aller. J’ai commencé à écrire un mot, puis un deuxième, un troisième, puis, il y a eu une avalanche de mots. J’ai exprimé tout ce qui me passait par la tête.

Pour certains j’écris n’importe quoi. Qu’importe, j’avais envie d’exprimer quelque chose, même si ce n’est pas grand-chose. Je n’avais pour seule prétention que d’être moi-même. Il est nécessaire et indispensable, pour y parvenir, de ne jamais faire attention à ce que d’autres pensent. Ignorons les règles, les interdits. Écrivons ce qu’il nous plaît, nous n’embêtons personne.

A vrai dire, j’ai passé un excellent après-midi dans les rues du Quartier Latin en compagnie de Pedro Ildefonso et de mon autre moi-même. Je suis content, car mes démons me fichent la paix. Du moins, aujourd’hui, ils m’ont fichu une paix royale, ils ont été adorables.

Marcher à son rythme, flâner dans les rues, occuper une table, pour lire ou écrire, ou bien faire les deux. Parfois, écouter des langues ou des sons, que nous ne connaissons pas. Se sentir libre. Enfin, inspirer tout ce vécu et l’expirer sur une feuille de papier ou sur les pages d’un cahier.

Que demander de plus ?

Bruno Cuello, Paris, Boulevard SAINT-MICHEL, 29 décembre 2018

Voir en ligne : Bruno Cuello

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