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Convergences locales pour démocratie globale

Ceux d’en bas pour l’arrêt immédiat !

dimanche 18 septembre 2011, par Le CA du Réseau Zéro Nucléaire, Roger NYMO

Plus d’un semestre de désinformations, de non lieu et de vaines propagandes pendant que notre biosphère se charge continuellement des promesses fermes de futurs cancers radio-induits.

Les responsables de cette catastrophique situation actuelle sont planétairement à la manœuvre pour tenter d’éviter les tsunamis de démocratie réelle qui balaieront toutes les oligarchies et mettront fin aux règnes sans partage des banques centrales privées.

Le cruel exemple Libyen nous rappelle que quand les requins s’entre dévorent les petits poissons ne doivent pas se réjouir !

Une restauration légale et sans violence de la démocratie réelle est-elle encore possible ?

Voici l’analyse récente de mon ami Frédéric Boutet (http://www.p-plum.fr/) concernant la cohérence de nos luttes antinucléaires :

Bonjour,

Aujourd’hui, nous avons un appareil d’État Antinucléaire dirigé par une bureaucratie à Lyon et des politiciens de métier centrés sur la poursuite et la croissance de l’institution antinucléaire pour venir à bout du monstre. Ce système est complètement semblable à celui qui nous dirige dans la Vè République. Il est d’ailleurs grandement influencé par lui puisque les principaux adhérents à SDN sont les partis politiques. C’est un système professionnel géré à la manière d’une entreprise par des employés de l’État Antinucléaire, et dont le citoyen est dépendant plus qu’il n’en a la maîtrise.

A l’inverse, « La politique est, presque par définition, l’engagement actif de citoyens libres dans la prise en main de leurs affaires municipales et dans leur défense de cette liberté »[1]. C’est une arène civile où l’on se forme en tant que citoyen et où l’on légifère démocratiquement sur l’ensemble des affaires municipales, cela sans intermédiaires ni président ou autorité suprême. Dans ces assemblées, chacun doit avoir la possibilité d’exprimer son point de vue, tout en laissant la majorité trancher.

Le rôle du système démocratique est bien de permettre à chacun de prendre part aux décisions, et de les contester, mais en aucun cas de contenter tout le monde. Rassembler l’unanimité sous une même décision est impossible. Elle n’est même pas souhaitable, de part sa tendance à affaiblir la décision et la réduire au plus petit dénominateur commun. Les contradicteurs doivent convaincre, être convaincus ou accepter le vote, mais en aucun cas il ne doit y avoir une volonté de contenter tout le monde par des demi-mesures ou en atténuant la portée de celles-ci. En revanche, il est évident qu’une décision issue d’une majorité ne garantit en rien d’être meilleure qu’une autre. Ce qu’elle nous apporte, c’est surtout une réelle légitimité concrète.

L’histoire des luttes antinucléaires victorieuses comme Plogoff (29), Erdeven (56) et Port-La-Nouvelle (11) nous montre qu’à chaque fois, c’est la volonté des citoyens de rester libres de décider localement de leurs affaires qui a fait la différence. C’est avant tout un enracinement local des habitudes de décisions, une identité de culture locale, qui a fait capituler la volonté de l’administration nationale d’aménager le territoire avec une centrale nucléaire, deux formes d’Etat qui s’opposent.

A l’inverse de la démocratie, l’absence de programme, le « flou rassembleur » qui relie par un petit dénominateur commun de principes ne permet pas de développer une vision cohérente amenant des revendications concrètes soutenues par les partisans. A SDN, on assiste à une augmentation du nombre de donateurs, à cause de la catastrophe de Fukushima et des méfaits de plus en plus évidents de l’industrie nucléaire, mais a contrario, les revendications sont de plus en plus floues, les perspectives inexistantes. Les rares programmes précis, comme l’appel pour la fermeture immédiate de 21 réacteurs nucléaire, sont noyés dans la masse de messages publicitaires expédiés dans le seul et unique but de faire grossir l’institution antinucléaire, avec aussi souvent celui de lui trouver la légitimité qu’elle n’a pas par démocratie directe.

Dans un mail daté du 2 janvier 2010, j’ai écrit un mail au CA et aux salariés de l’administration antinucléaire - j’étais administrateur suppléant à l’époque. Ce mail commençant ainsi :

— - Extrait « Assis entre deux chaises, on tombe par terre. » Puisque maintenant, il faut choisir, on est obligé de choisir, je choisis. Après avoir longuement tergiversé, à titre consultatif, si je votais, je voterais contre le licenciement de Stéphane sur la base du dossier présenté par P. Brousse, avec une proposition de démission collective du CA en vue d’une division de notre association à l’AG 2010.
— - fin extrait

Car effectivement il existe des divisions entre antinucléaires, qui rejoignent les questions de forme et de fond. Sur le fond, fermer les réacteurs immédiatement pour éviter l’accident ou bien sortir progressivement pour éviter un changement brutal de société. Sur la forme, favoriser la démocratie directe dans la lignée des victoires à Plogoff ou bien continuer avec le système électoraliste avec logique économique pour gagner du terrain « par le haut » c-a-d par le pouvoir acru des réprésentants.

Dans la jungle, il y a des léopards et des jaguars. Il ne viendrait à l’idée de personne, de demander à ces félins similaires de se coordonner pour ne plus former que des « léoguars » ou bien des « japards ». Non. La seule issue possible est bien de les réunir, de leur faire dire ce qu’ils ont à dire, puis de voter, localement, sur des textes clairs. Puis quelques temps plus tard de les re-réunir, de revoter, suivant l’évolution de la suitation.

Le problème est que les partisans de sortie progressive et de système électoraliste à fausse légitimité ne veulent pas se soumettre au vote : ils veulent diriger et donc refusent le vote des assemblées. Pour preuve, à Lézan, le vote massif de l’Assemblée Générale le dimanche 28 août pour « l’arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire » a été annulé par les représentants d’Attac, de SDN et de Greenpeace parce que « ce n’était pas ce qui était prévu » et « cela mettait en porte-à-faux les copains de SDN ». Un déni de démocratie que malheureusement l’assemblée a accepté, acceptant dès lors que les représentants futurs élus en 2012 ne feront que ce qu’ils auront envie de faire, la volonté du peuple n’étant que complètement secondaire.

Mais autre problème : les partisans de la démocratie directe ne veulent pas imposer leur système car cela revient à « prendre le pouvoir » de manière autoritaire, ce qu’ils exècrent par-dessus tout. C’est une faiblesse qui s’explique aussi par le manque de pratique : gérer, participer à des AG décisionnaires ne s’invente pas, il faut pratiquer, il faut s’exercer. La rue ne s’organisant pas spontanément, elle doit avoir l’habitude de gérer avant de provoquer un changement brutal. Le manque de pratique engendre un manque de confiance dans le système, et les politiciens électoralistes écrasent facilement ceux qui n’osent pas montrer leur détermination pour arriver à un système démocratique, seul capable d’inverser la tendance sociétale capitaliste.

Proposition d’AG populaire des manifestants le 15 oct.

Depuis que les cités ont laissé leur identité et leur pouvoir à un Etat et des administrations, l’idée que les citoyens expriment leurs désirs et votent pour décider par eux-même est révolutionnaire. A Toulouse le 15 oct, je pose ici la question de savoir si les gens veulent inverser la tendance participationniste électoraliste qui dilue leur pouvoir et jamais rien ne change, qui les emmène tout droit vers la poursuite du nucléaire et la poursuite du capitalisme, la poursuite de cette société de la dette, mais avec du bio et des renouvelables, en plus du nucléaire.

Dans le cas où les lecteurs de cette lettre seraient sensibles aux arguments que je développe ici, il serait bon d’arriver à imposer la tenue d’une assemblée populaire le 15 oct pour que les différentes sensibilités parlent au micro, puis qu’il y ait un vote permettant de choisir la banderole à placer en tête de cortège.

La liberté, cela ne se donne pas. La liberté, cela se prend. N’attendez pas que l’administration antinucléaire vous donne la liberté. Si vous la voulez cette liberté de choisir : prenez-là.

Frédéric Boutet Membre de Stop Nucléaire 31 l’Antidette

[1] Murray Bookchin, « The Communalist Project »

Voici enfin ce que propose le CA du Réseau Zéro Nucléaire par rapport à la mascarade des futures élections présidentielles françaises :

CANDIDATURE INDIGNÉE

Pas besoin de primaire pour entrer en sixième république !

L’idée de transformer les prochaines élections présidentielles de 2012 en une loterie populaire afin de désigner par tirage au sort notre candidat(e) est née au sein de l’association Réseau Zéro Nucléaire en réaction à la multiplicité des candidatures individuelles toutes axées sur le cursus ou la personnalité des candidat(e)s plutôt que sur leurs programmes.

Cette idée est née aussi du triste constat de l’augmentation régulière du score des électeurs du plus grand parti politique français qui est celui des abstentionnistes, lors des importantes élections de proximité, dans lequel sont malheureusement comptabilisés de manière opaque, à cause de la perversité du système électoral actuel, les bulletins blancs injustement déclarés nuls.

C’est ainsi qu’actuellement, bien que légalement élus, une grande majorité des personnes censées nous représenter n’ont plus aucune légitimité, car ils représentent dans certains cas moins d’un électeur sur dix !

La Candidature Indignée c’est avant tout la prévalence des idées sur les personnes, c’est aussi dans le cadre de notre cinquième république dévoyée, l’occasion de restaurer librement et fraternellement, l’équité qui fait actuellement cruellement défaut et dont le manque pourrait induire à plus ou moins long terme des situations insurrectionnelles que seuls des êtres amplis de violence et sûrs de leurs forces peuvent souhaiter.

La république est un royaume où le peuple est souverain, élire un(e) président(e) alors qu’un souverain existe est tout à fait contestable ! L’élection la moins républicaine est devenue pour les oligarques, l’élection ultime, l’échéance finale pour pouvoir imposer les volontés d’une minorité de ploutocrates népotiques à la majorité du reste de la population réduite à l’état de consommateurs captifs. Les oligarques entretiennent et profitent ainsi de ce système pervers en allant jusqu’à le baptiser à tort de « démocratie » !

Nous pouvons briser de manière non violente et légale ce cercle vicieux en détournant à notre profit les institutions de la cinquième république qui prévoient que le président de la république puisse convoquer une Assemblée Constituante.

Notre candidat(e) sera désigné(e) par tirage au sort au sein des personnes soutenant notre initiative et désirant participer à cette loterie populaire sous contrôle d’un huissier de justice. Il devra s’engager contractuellement à initier le processus constituant puis à démissionner d’une fonction qui n’aura plus lieu d’être à l’avenir dans le cadre de la constitution de la sixième république.

Cette nouvelle république devra rendre le crime contre la nature imprescriptible, les activités nucléaires anticonstitutionnelles ainsi que la possession et l’usage d’armes de destruction massive ou les opérations militaires hors du territoire national. La sixième république devra en outre instituer la proportionnelle réelle avec comptabilisation des votes blancs pour toutes les élections, l’électeur votant pour des listes défendant un programme précis, aux seins desquelles, en cas de victoire électorale, seront tirés au sort nos représentant(e)s.

Un bénévolat obligatoire sera institué pour tous les mandats électoraux avec des défraiements plafonnés à deux fois le salaire minimum, et l’impossibilité pour un(e) citoyen(ne) d’exercer deux fois le même mandat. Elle inscrira comme principe constitutionnel la retraite par répartition à 60 ans pour tous, et entre 50 et 55 ans pour les professions pénibles et à risques, ainsi que le droit de vote pour tous les résidents de plus de seize ans.

Bien sûr toutes ces propositions doivent faire l’objet d’un large débat national sous forme de doléances de tous les citoyens au niveau de tous les secteurs d’activités du pays : éducation, culture, santé, défense, industrie ...

La candidature indignée c’est la vôtre et celle de notre pays la France !



Comme les indignés ne baissons pas les bras : La victoire nous appartient !


ANNONCE : Deuxième nuit radioactive organisée par le RZN sur idFM98 MHz Radio Enghien (http://www.idfm98.fr/player.php) dans la nuit du 3 au 4 octobre de minuit à six heures du matin avec la présence de monsieur Frédéric Boutet.



Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.

Voir en ligne : Candidature Indignée

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