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RISQUE ZÉRO NUCLÉAIRE

La rupture de la cuve est exclue !

mercredi 11 octobre 2017, par Roger NYMO

Le mardi 10 octobre 2017, à 09h00, je me suis rendu au Tribunal de Grande instance de Paris pour assister au référé opposant l’Observatoire Du Nucléaire (ODN) qui conteste à l’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) le droit de valider la cuve du réacteur EPR de Flamanville, suite aux défauts cristallographiques de ségrégation du carbone au sein des aciers des composants de la cuve, fabriqués entre 2005 et 2007 par forgeage à l’usine Creusot Forge.

J’ai réalisé une interview du directeur de l’Observatoire Du Nucléaire (ODN) juste avant d’assister aux décevantes plaidoiries de l’ensemble des parties :



Aucune des plaidoiries n’a été à la hauteur des enjeux, c’est pour cette unique raison qu’elles m’ont toutes accablé.

En effet, les véritables et vitaux enjeux ne sont ni économiques, ni techniques.


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Plus d’infos sur les vrais enjeux en cliquant sur l’image.

Il s’agit de notre avenir sanitaire et social, cet avenir échappe très largement aux mesquins concepts géographiques et politiques nationaux voire spécistes.

Sur le terrain du droit, qu’il s’agisse de l’exception de compétence ou de celle de nullité, nous nous trouvions misérablement réduit à une vaine querelle indigne voire insultante pour les millions de victimes directes et indirectes d’une filière industrielle intrinsèquement mortifère.

L’argument ad personam de l’avocat du groupe AREVA, pour tenter de mettre en cause les compétences de Monsieur Stéphane Lhomme, par l’évocation de son licenciement abusif et illégal, en 2010, par la direction de l’entreprise Réseau « Sortir du nucléaire », était lui aussi totalement indigne, hors sujet voire diffamatoire.

En ce qui concerne les expertises évoquées par toutes les parties, aucune ne faisait référence aux immenses et durables risques sanitaires et sociaux, risques mortels différés et fort bien documentés concernant les conséquences des rejets quotidiens de radionucléides générés par l’ensemble des activités nucléaires dites normales, de la mine au stockage des déchets, et les rejets « accidentels » liés à la nature stochastique intrinsèque des phénomènes de désintégration nucléaire et à la nature totalement imprédictible des évènements catastrophiques à venir, naturels ou technologiques.

Lorsque l’hétérogénéité d’une pièce métallique est démontrée et mesurée, sa résistance mécanique est elle aussi hétérogène, il est donc statistiquement impossible de pouvoir affirmer de manière péremptoire voire criminelle, comme l’a fait l’avocat du groupe AREVA :

La rupture de la cuve est exclue !

En assenant cette affirmation péremptoire sans appel, l’avocat du groupe AREVA invente le nouveau concept du Risque Zéro Nucléaire, qui désintègre le principe de précaution et qui pulvérise le respect des normes de sureté de l’ASN, comme malheureusement d’autres le font avec la hiérarchie des normes de feu le code du travail.

A aucun moment, l’avocat du groupe AREVA n’a exprimé un doute voire une repentance, au sujet des livraisons de combustible MOX au Japon, avant et après les catastrophes nucléaires des réacteurs de Fukushima.

A aucun moment, l’avocat du groupe AREVA n’a expliqué que le réacteur EPR a déjà fait des victimes avant d’être entré en fonction.

A aucun moment, l’avocat du groupe AREVA, ni celui d’EDF et encore moins celui de l’ASN n’ont évoqué la chute, le 31 mars 2016, d’un des quatre générateurs de vapeur de 22 mètres de haut (hauteur d’un immeuble d’habitation de 7 étages), et d’une masse de 465 tonnes (65 tonnes de plus qu’une rame TGV complète), du réacteur nucléaire à eau pressurisée n°2 de la centrale nucléaire normande de Paluel, géographiquement centrée entre Londres et Paris (moins de 200 kilomètres de distance entre la centrale et les deux capitales, les vents dominants souffleraient d’éventuelles retombées radioactives vers l’ouest de l’Union Européenne), comme dans le cas très probable d’une catastrophique explosion de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, ce que personne ne peut espérer, mais ce que tous peuvent logiquement redouter.


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Plus d’infos sur une révolution scientifique en cliquant sur l’image.

Par contre l’avocat du groupe AREVA a évoqué le journal Le Monde grand annonceur de révolution scientifique, il a aussi évoqué l’AIEA pour tenter d’auto justifier le sérieux des expertises de l’IRSN et de l’ASN :

...l’ONU a créé le 23 octobre 1956 l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (International Atomic Energy Agency) qui dans son article deuxième stipule :

« L’Agence s’efforce de hâter et d’accroître la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier »...

(Source : http://sanurezo.org/spip.php?article47)

Les seules expertises réellement recevables auraient été celles de médecins, de biophysiciens, d’anatomopathologistes et de mathématiciens spécialistes des calculs statistiques.

Madame la juge, vous rendrez votre délibéré le 31 octobre prochain, si d’ici là, le criminel lobby nucléaire onusien commet l’erreur d’exercer sur vous des pressions, de manière directe ou indirecte, alors vous aurez confirmation du terrible et imminent danger que représente pour cette abominable filière industrielle et militaire votre souverain et compétent jugement pour la défense de nos libertés et de nos vies.

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.


Dernière minute, délibéré au sujet de l’affaire du quai de Valmy :

Angel B. : relaxé.

Bryan M. : condamné à 1000 € d’amende pour « refus de donner ses empreintes ADN ».

Leandro L. : condamné à 1 an de prison avec sursis.

Kara B. : condamnée à 4 ans de prison dont 2 avec sursis. Maintien en détention.

Ari R. : condamné à 5 ans de prison dont 2 ans et 6 mois avec sursis. Maintien en détention.

Thomas R. : condamné à 2 ans de prison dont 1 avec sursis.

Nicolas F. : condamné à 5 ans de prison dont 2 ans et 6 mois avec sursis.

Antonin B. : condamné à 5 ans de prison dont 2 avec sursis. Pas de mandat de dépôt.

Joachim L. : condamné à 7 ans de prison, mandat d’arrêt.

Six prévenus sont condamnés à payer solidairement 5000 € de dommages et intérêts au syndicat Alliance.

Voir en ligne : Réacteur EPR : référé le 10 octobre à Paris pour empêcher l’Autorité de sûreté nucléaire de valider la cuve

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